Projet de collectage et de valorisation de la mémoire orale arménienne

Publié le par PV

Intéressés par l’actualité sociale et culturelle de notre ville, nous avons entamé au mois d’avril 2005 à l’occasion des 90 ans du génocide arménien un travail de conseil et de propositions de restitutions culturelles sur le thème de la mémoire arménienne marseillaise. Le but de notre démarche était d’initier dans le cadre de la prochaine saison culturelle « Arménie, mon amie » (septembre 2006 – juillet 2007) une campagne de valorisation d’une des composantes les plus importantes du patrimoine collectif culturel à Marseille et dans les Bouches du Rhône. Nous avons depuis construit un projet riche et original qui rassemble d’ores et déjà l’intérêt et la participation de plusieurs structures institutionnelles et associatives.

Il s’agit d’éclairer le rôle des premiers arméniens, installés dès 1920 et de leurs descendants dans le développement et la construction de la cité. Cette histoire concerne aussi tous ceux qui les ont côtoyés : leurs voisins, leurs collègues de travail, tous les autres marseillais de toutes origines confondues. Notre volonté en recueillant l’histoire de ces hommes et de ces femmes est de révéler trois problématiques majeures : la construction d’une histoire collective, la transmission et les métamorphoses d’une culture au fil des générations et enfin la construction d’une culture plurielle, caractéristique de la cité phocéenne, faite de confrontations, de négociations et d’échanges.

Objectifs du projet et public visé

Ce projet remplirait plusieurs objectifs :

Collecter

  • Collecter la mémoire orale arménienne sur Marseille, une des villes phares de l’installation de la diaspora au début du XXe siècle et sur l’ensemble des Bouches du Rhône (le détail de ce collectage est présenté en document annexe),
  • Collecter les pièces d’archives familiales inédites menacées de disparition.

Répertorier

  • Répertorier les matériaux disponibles au sein du réseau associatif marseillais, dans les Bouches du Rhône et en région PACA avec l’accord des responsables et des propriétaires des fonds afin de présenter cette richesse au sein d’une même base de données.

Sauvegarder

  • Regrouper et transférer sur support pérenne numérique les matériaux collectés. Le traitement documentaire et de conservation de ces archives se ferait grâce au plateau technique de l’Unité Mixte de Service - Cnrs de la Médiathèque de la MMSH d’Aix en Provence (phonothèque et iconothèque) dans le cadre d’une convention avec Paroles Vives et les Archives Départementales. L’équipe de l’UMR pourra ainsi accueillir et conseiller le personnel de l’association employé pour le traitement documentaire. Une copie de conservation du corpus sera déposée à la Médiathèque de la MMSH.

Restituer

  • Valoriser ce patrimoine commun en le rendant accessible au grand public par la remise de la collection auprès des Archives Départementales 13. Les matériaux collectés seront consultables directement auprès de cette structure et de la phonothèque de la MMSH selon les dispositions prises avec les personnes interviewées. La base de données relative au traitement documentaire des matériaux sera consultable sur le portail Internet des Archives Départementales et de la phonothèque de la MMSH.

Un comité scientifique composé de personnalités compétentes des domaines de la recherche en sciences sociales et de la valorisation du patrimoine culturel suivra l’ensemble du projet et validera la qualité de ses productions.

Axes de recherche ethnographique

Les orientations de la recherche ethnographique seront doubles : d’une part, elle ciblera, les habitants d’origine arménienne des différents quartiers arméniens de Marseille (St Antoine, le Verduron, les Aygalades, Beaumont, St Barnabé, St Julien, St Loup). D’autre part tous les habitants de ces mêmes quartiers. Nous devons connaître les représentations du groupe qui nous intéresse, les Arméniens, ainsi que la façon dont ils étaient perçus par les « Autres », les non Arméniens pour avoir une analyse plus exhaustive.

 

Les témoignages oraux des habitants seront orientés vers les thèmes suivants :

- L'exil de Turquie : les raisons, l'entraide et la façon dont cette mémoire de l’exil et du génocide a pu être transmise ou non transmise aux générations suivantes ;

- L'arrivée : à Marseille puis dans les quartiers, le contexte, les motifs de leur installation dans un quartier plutôt qu’un autre ;

- La vie de quartier : sa construction, son aménagement, les changements et les évolutions, les solidarités, les personnalités locales, les commerces, l'école [...] ;

- Le travail : des hommes et des femmes, le « bouche-à-oreille », les métiers ;

- La vie familiale : les relations familiales, intergénérationnelles, les mariages et le « choix » du conjoint ou de la conjointe, la préparation des repas ;

- Les loisirs : le rapport à la musique ;

- L'arménité : la façon dont on préserve, on pérennise son appartenance culturelle,  l’école arménienne, l’apprentissage de la langue, les pratiques communautaires, les fêtes champêtres, la fréquentation de la J.A.F. ou des Daschnaks, le rapport au pays d'origine, le patriotisme, la fréquentation de l'église et la place des pratiques religieuses, les pratiques funéraires et les mariages, la cuisine et sa transmission ;

- L'amitié : ancienne, la notion de « compatriote » et les amitiés nouvelles ;

- Marseille : liens et « attachement » à la ville ;

 

Constitution d’un fonds d’archives sonores

Pour le terrain précité l’association Paroles Vives envisage la sélection d’un corpus d’entretiens estimé entre 100 et 150 heures. Un contrat de cession de droits sera signé avec chaque personne interviewée, définissant les droits d’exploitation pour le commanditaire des enquêtes. Les entretiens seraient ainsi libres de droits, transférés sur support numérique et traités d’un point de vue documentaire : poste d’item, indexation.

Publié dans Enquêtes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article